L’inépuisable renouveau du World Wide Web

5 12 2008

Ma thèse professionnelle est à présent téléchargeable ici.

Voici un extrait de la préface illustrant le sujet :

« Le web poursuit son évolution naturelle, surveillé de loin par son créateur. Auto-régulé, il évolue grâce à une profusion de courants qui peuvent sembler anarchiques et d’oscillations constantes mêlant usages et technologie, il s’agit de tiraillements incessants entre ses utilisateurs qui détiennent les clés de son succès et qui déterminent ses usages et les grandes entreprises du web qui promeuvent la technologie au service du business. Nous avons l’impression que le web a toujours existé tellement il parait inimaginable de s’en passer à l’heure actuelle mais celui-ci entre pourtant à peine dans sa crise d’adolescence, il est le support de tant de prose, d’innovation ou d’espoirs que ses possibilités semblent sans limite. A l’heure où il fait l’objet de tant d’interrogations je propose ici de prendre un peu de temps pour regarder d’où il vient, ce qu’il est et ce qui lui est promis, il s’agit de creuser un peu la surface d’un monstre polymorphe tout aussi complexe que passionnant. »

Les slides utilisés pour la soutenance sont disponibles sur SlideRocket.

Vos commentaires sont les bienvenus, quelque soit votre avis… ! :)

Voici le nuage de tags correspondant pour vous donner une idée (ou non ;) )des thèmes abordés  :

dp_thesis_wordle(Creative Commons by http://www.wordle.net/)

Bonne lecture !

 





Vulgarisation web2.0 : Crowdsourcing ou la puissance des foules au service des entreprises

22 10 2008

« Puisque les internautes veulent créer de la valeur, donnons-leur les moyens de créer mais profitons de cette valeur ». Cela pourrait être une phrase prononcée par quelques bénéficiaires du crowdsourcing, l’utilisation de la puissance des foules au service des entreprises, bien plus lucratif que l’outsourcing actuel bien que ne couvrant pas toujours le même spectre de compétences.

Qu’il s’agisse de production d’images, de vidéos, de texte (commentaires, critiques, ..), de programmes informatique, de jeux vidéos ou plus simplement d’idées, la population du web est riche de compétences ne demandant souvent qu’à être entendues. L’homme moderne ne crée généralement pas pour le simple fait de se faire plaisir à lui-même in fine, il crée pour obtenir de la reconnaissance, pour le plaisir d’être utile à autrui, pour atteindre un objectif personnel ou professionnel, afin de réaliser quelque chose d’important à ses yeux pour une communauté ou pour l’humanité ou plus simplement pour gagner de l’argent. Dans l’écosystème actuel du web, les utilisateurs produisent en permanence toutes sortes de choses, pourquoi finalement ne pas leur offrir ce qu’ils recherchent tout en bénéficiant de l’effet levier du nombre de producteurs disponibles afin de tirer vers le haut certaines activités de l’entreprise, comment utiliser cette force phénomènale afin de réduire les coûts et démultiplier les efforts ?

Le paradigme mis en valeur par le terme de « crowdsourcing » n’est finalement pas tout récent et trouve ses origines dans la communauté scientifique et open-source. Je me souviens avoir installé au millieu des années 90 un petit logiciel téléchargé sur le site distributed.net qui permettait de faire avancer la recherche en cryptographie, il s’agissait des célèbres challenges RC5 : des serveurs centralisés émettaient vers les clients installés sur des milliers d’ordinateurs comme le mien des lots de clés de chiffrement, ces clients étaient ensuite chargés d’utiliser la puissance de calcul non utilisée des ordinateurs personnels afin d’effectuer des tâches de déchiffrement, l’objectif était d’augmenter la longueur des clés de chiffrage potentiellement cassables. Les résultats des micro-calculs effectués par les clients étaient ensuite remontées vers les serveurs centraux chargés de gérer les problématiques de corrélation et de distribution des tâches, je participais quelque part, à ma mesure, à la recherche scientifique, c’est ainsi qu’en juillet 2002 une clée RC5 de 64bits fut cassée après 1757 jours de calcul distribué ! Les challenges RC5 existent toujours, à l’heure actuelle une clée RC5 de 72bits est en cours de déchiffrage, et le concept a fait des émules comme le désormais incontournable projet Seti@home lancée en 1999 et donc l’objectif est le décodage de signaux extraterrestres. Des vers informatiques ont emprunté l’idée afin de déchiffrer de manière illégale des codes DRM par exemple, ceci à l’insu des utilisateurs.

Les exemples précédents constituent du crowdsourcing automatisé car l’utilisateur n’est pas réellement à l’origine de la création de valeur, il accepte (ou non dans le cas des vers) de partager un peu de sa puissance de calcul, mais le concept est tout de même là : produire en masse pour ne garder que le meilleur (la clée cassée) et rémunérer celui qui est sélectionné (ou celui qui a trouvé, indirectement par l’usage de son pc, la clée recherchée).

La communauté open-source qui développe gratuitement des logiciels pour l’usage du plus grand nombre fait partie de cette population de « crowdsourcés » lorsque les logiciels sont insérés comme briques constituantes d’autres logiciels qui une fois vendus rapportent de l’argent à des entreprises comme RedHat ou Ubuntu. Cette dernière propose même, par la voie de son président milliardaire philanthrope Mark Shuttleworth, des problèmes informatiques à résoudre ou des besoins logiciels à satisfaire pour le compte de la société contre rémunération à celui qui fournira la meilleure réponse.

Le phénomène a gagné la sphère du web, et ‘web 2.0’ oblige il ne cesse de croître avec le nombre toujours grandissant de prosommateurs… Jeff Howe, l’inventeur du terme, raconte dans Wired comment la banque d’images iStockPhoto permet de bénéficier de photographies en abondance au prix de 1$ l’unité, service pouvant être largement utilisé par les entreprises pour leurs besoins propres. Il n’est plus nécessaire de s’adjoindre les services d’agences spécialisées lorsque des milliers de photographes amateurs arrivent au même résultat avec des logiciels comme Photoshop ou son équivalent libre The Gimp.

Une activité spécifique jusque là restreinte au monde du logiciel open-source, reprise par le monde des affaires peut se trouver fort lucrative pour les deux parties : Howe prends l’exemple d’Ed Malcarek, un scientifique de 57 ans qui a ainsi pu gagner 25 000 dollars en fournissant au laboratoire de R&D de Colgate une nouvelle solution d’injection de poudre fluorée dans un tube de dentifrice.. Le crowdsourcing au service de l’innovation. L’exemple de Fisher Price est bien connu et pas vraiment récent : faire participer les parents à l’élaboration et aux tests des jouets qui seront vendus demain en masse. Puisque le client est à présent au centre des attentions, demandons lui son avis, il est le plus à même de décrire ce qu’il souhaite acheter demain.

Les services d’expertise comme LycosIQ et les autres sont également des utilisateurs de crowdsourcing, ils utilisent l’expertise de leurs membres afin de fournir un service au plus grand nombre tout en bénéficiant des revenus d’audience liés à la publicité.

L’idée du crowdsourcing au final est pour les entreprises de concentrer les talents sur un objectif qui leur est utile, mais que vont penser tout ceux qui ont créé ou tout simplement passé du temps pour tenter de remporter une somme d’argent ou un prix et qui ne sont jamais élus ? Ce modèle peut-il perdurer au fur et à mesure que les frustrations se feront sentir de plus en plus pressantes ? Un équilibre devra être trouvé afin que chacun continue bien à y trouver son compte.

Pour en savoir plus :

http://dreamorange.fr/?title=bientot_tous_createurs&p=Portal/document&JDocumentOid=105

http://www.dreamorange.fr/?title=crowdsourcing_la_puissance_economique_des_foules&p=Portal/document&JDocumentOid=2063&lang=fr_FR





Vulgarisation web2.0 : la syndication

12 07 2008


La syndication web est un procédé utilisé par les services leur permettant de partager l’information avec d’autres sites ou vers des utilisateurs. L’utilisation la plus commune est la lecture de journaux, lemonde.fr, lefigaro.fr par exemple. Il s’agit d’un flux xml (Adresse internet générant un contenu sous forme de fichier XML), d’un format défini (RSS ou ATOM) lisible par tout lecteur compatible.

Les flux de syndication peuvent être lus depuis des applications dédiées appelés lecteurs ou aggrégateurs de flux de syndication, il peut s’agir de logiciels PC (Firefox, SharpReader, FeedReader, …) ou d’applications web (Google Reader, NetVibes, RSS feed, …). Leur présentation ressemble généralement à ce que l’on peut trouver sur les lecteurs de mails, les flux souscrits sont présentés dans un panneau, la liste des articles d’un flux est ensuite disponible comme une liste de mails, un clic sur l’un deux fait apparaître son contenu.

L’accès à l’information est facilité puisque vous disposez dans une seule application de toutes les sources vous intéressant, des derniers articles de vos journaux favoris, aux derniers articles des blogs de vos amis en passant par leurs dernières photos téléchargées.

On apprends vite à repérer un logo de flux de syndication et l’ajout à votre liste est extrêment simple, facilitée par leur reconnaissance immédiate de la part de votre navigateur internet :

L’exemple ci-dessus illustre l’abonnement flash à une liste de notification Facebook. Firefox connaît mes préférences de syndication et sur reconnaissance d’un flux RSS fait appel immédiatement à Google qui me propose de lui ajouter ce nouveau flux soit sur ma page d’accueil iGoogle soit dans mon espace GoogleReader. Ainsi plutôt que de m’authentifier sur facebook afin de voir ce que mes contacts ont fait de nouveau je pourrais le savoir directement en lisant les dernières actualités depuis GoogleReader.

Maintenant que vous avez une première idée de ce à quoi peut bien servir la syndication web, il ne vous reste plus qu’à créer un compte gratuit GoogleReader et à apprendre à identifier les flux de syndication sur vos sites favoris !