Vulgarisation web2.0 : portabilité des données, la bataille idéologique

7 11 2008

L’idéologie se situe en fait au sein de toutes les autres ‘batailles’ ou interrogations autour de la portabilité des données, qu’il s’agisse de savoir s’il est correct de gagner de l’argent sur les informations fournies par les internautes sans que ceux-ci ne sachent vraiment ce qui est fait de ces données, qu’il s’agisse de s’interroger sur la légitimité de tel ou tel acteur ou sur ses vues de domination, de questionner l’avenir de la protection des données personnelles ou de s’interroger sur la notion d’identité digitale. Si les usages déterminent les services, les questions d’idéologie, de morale et de savoir-vivre conditionnent et bornent ces usages.

S’il est un nom qui est sur toutes les lèvres depuis quelques années c’est bien ‘Google’, l’hégémonie de cette entreprise est telle qu’elle en ferait presque oublier le géant Microsoft, qui passe pour être l’outsider le plus notable dans l’écosystème du web. Hubert Guillaud relate sur InternetActu un article de Nicolas Carr faisant état d’un concept tout à fait intéressant, connu mais à qui il donne un nom : le web centripète. S’appuyant sur la définition du terme centripète par Isaac Newton (« La force centripète est celle par laquelle un corps est attiré ou poussé vers un point quelconque considéré comme un centre ») , celui-ci détaille la manière dont Google a su se hisser au rang de super-puissance numérique en jouant presque naturellement le rôle de centre de-facto du web mondial grâce à la multitude de services qu’il propose, tous intégrés les uns aux autres.

En laissant le choix aux utilisateurs mais en n’ayant de cesse de leur rappeler furtivement qu’il est là, le mastodonte a réussi le tour de force d’être le chef d’orchestre de la popularité numérique via le fonctionnement de son moteur de recherche qui transcende le lien hypertexte (plus un site est populaire plus il le deviendra et inversement) en générant une force de convergence inéluctable là où le web se voulait à l’origine plat et divergent. Google est le centre de la popularité, de loin le plus puissant moteur de publicité du monde, ses services Google Mail, Google Reader, Google Desktop ou Youtube sont dans leur domaine les outils les plus globalement plebiscités, Google Maps est de loin l’API la plus utilisée par les milliers de mashups créées aussi bien par les développeurs indépendants que par les autres services web et même le marché des navigateurs web commence à frissonner devant la sortie de Google Chrome. Google nous tient. Les APIs Google Friend Connect, OpenSocial ou SocialGraph sont utilisées afin de créer des greffons universels, ramener l’ensemble des informations de réseau social vers leur éditeur, découvrir où sont cachées les données des utilisateurs afin de mieux les centraliser. Le roi du monde ne serait-il bientôt plus le président des Etats-Unis, mais le CEO de Google ?

Si Google centralise les données, il décentralise le réseau social : n’ayant pas vu venir à temps la vague (son service Orkut, relativement absent en Amérique du nord, en Europe, en Asie et en Afrique est cependant de loin le premier réseau social d’Amérique du sud), il tente tout de même de garder une main sur ces précieuses informations avec Google Friend Connect. Facebook a le fonctionnement inverse puisqu’il centralise le graphe social en autorisant la décentralisation des données, mais puisqu’il les aggrège sur son service il garde tout de même un œil intéressé dessus. Les deux travaillent à la centralisation de l’identité. La portabilité des données, elle, aimerait décentraliser le graphe social, les données, et l’identité au profit des utilisateurs, soucieux de reprendre le contrôle de leur vie digitale, surtout lorsque l’on relève que 80% d’entre eux prétendent n’avoir jamais diffusé d’informations personnelles en ligne alors que le constat est tout autre (source : Orange Business blog sécurité).

L’importance de savoir qui, demain, contrôlera nos données, de quelle manière et ce qu’il en fait est d’autant plus fondamentale que les informations extraites avec ou sans notre consentement se multiplient de manière vertigineuse. Le web connait notre identité, nos amis, nos centres d’intérêts, nos habitudes de navigation, de lecture, là où nous intervenons, ce que nous consommons et la manière dont nous le faisons. Notre mobile, via l’opérateur ou le constructeur c’est selon, qui fait de plus en partie intégrante de notre accès au web, peut déterminer d’après notre facture téléphonique le type de relations que nous entretenons avec notre carnet d’adresse, qu’il connaît par ailleurs parfaitement, il peut nous localiser et il va le faire de plus en plus, connaissant plus que notre position géographique il est capable de savoir ce qu’il y a en face de nous, avec qui nous marchons dans la rue et quels sont nos trajets quotidiens. Les possibilités offertes semblent autant sources d’ébahissement que d’appréhension parfaitement légitime.

Le prospectiviste américain Howard Rheingold affirmait déjà en 2005 sur LeMonde.fr, et on veut bien le croire, que « Dans dix ans, la notion de vie privée telle que nous la définissons n’existera plus. », il est encore temps de trouver des solutions pour qu’elle reste un minimum sous contrôle.





Vulgarisation web2.0 : la guerre des données aura-t’elle lieu ?

7 11 2008

D’après Google Insights, le terme ‘Dataportability’ existe depuis le début du mois de décembre 2007, mais le début de sa réelle légitimité se situe plus vraisemblablement le 4 janvier 2008, lorsque Google, Plaxo et Facebook rejoignent officiellement le groupe Dataportability.org fondé par Chris SAAD quelques semaines auparavant. Il seront bientôt rejoints par LinkedIn, Twitter, Flickr, Microsoft, Digg, Six Apart, Seesmic, Myspace et d’autres. Les objectifs de ce groupe de travail, fondé par des entrepreneurs indépendants du ‘web2.0’, pour leur grande majorité issus de la côté ouest des Etats-Unis, ne sont pas d’inventer de nouveaux standards mais de travailler à concevoir et mettre en œuvre un ‘blueprint’, un canevas dédié aux services désireux de rejoindre le mouvement et leur permettant d’afficher leur compatibilité à la vision véhiculée par la portabilité des données sur le web. Cette vision est mise en œuvre à l’aide de technologies ouvertes existantes comme FOAF (réseau social distribué), les microformats (première mise en œuvre du web sémantique), OpenID (Identification centralisée), XFN (description des relations sociales), OAuth (Authentification), RDF (technologie support du web sémantique), APML (partage de l’ « attention » : échange des goûts et intérêts) ou encore XMPP (protocole libre de messagerie). Le groupe de travail édite des guides de conduite à tenir pour un service voulant participer et s’affirmer portable.

La vision principale de la portabilité des données véhiculée par le groupe de travail de Chris SAAD est de rendre à l’utilisateur le contrôle de ses données, comme expliqué par son leader lorsqu’il a fondé le mouvement, nous avons besoin d’un serveur DHCP (configuration automatique) pour gérer la notion d’identité et d’un système de fichiers distribué pour gérer les données, leur localisation et leur stockage et cela ne sera rendu possible que si au moins deux fonctionnalités existent : un système d’auto-découverte des services et des identités de l’utilisateur et un catalogue de services. Cette vision créé le besoin d’un ‘serveur de profils’ utilisé par des ‘applications sociales’. Le serveur de profils, qui peut lui-même être une application sociale, un service web, contient par exemple les données d’attention, de recommandations, le graphe social de l’utilisateur, ses identités et enfin, et non des moindres, les politiques d’accès aux données.

D’autres initiatives, plus techniques, essaient déjà de faire bouger les choses à l’image de DiSO. Il s’agit d’un jeune projet paravent qui tente d’implémenter certains des concepts du réseautage social décentralisé et de la portabilité des données autour de l’information, de l’identité et de l’intéraction en utilisant les microformats, des APIs standards et des logiciels open-source. Fondée par deux ténors du millieu, Chris Messina et Will Noris, travaillant à présent pour la société Vidoop spécialisée dans la gestion de l’identité centralisée (OpenID), l’initiative s’est fixée comme premières étapes d’implémenter les technologies des microformats, d’OpenID et de OAuth comme greffons à la plate-forme de blogs WordPress autorisant l’extraction automatisée d’informations facilement interprétables par les machines et ajoutant des capacitées de réseau social distribué aux blogs personnels de millions d’internautes.

Sur fond de web sémantique et de monétisation des services web s’ouvre la grande ‘guerre‘ des données dans le monde digital, elle aura lieu sur trois fronts interdépendants, celui de l’idéologie, d’une certaine conception du monde et des usages, celui de l’économie numérique où nos données ont une valeur qui peut amener un élément de réponse dans la recherche du busines plan idéal mais dont l’utilisation devra savoir rester humble et respectueuse de ses utilisateurs et celui de la technologie qui ouvre un peu plus tous les jours l’étendue des possibilités offertes aux entreprises comme aux particuliers mais dont la tâche, fondamentale, semble tout aussi passionnante que titanesque.





Vulgarisation web2.0 : les origines de la portabilité des données

6 11 2008

Le graphique ci-dessous (voir ici pour une version lisible), créé d’après une matrice Excel, un script Perl et l’outil GraphViz, représente les principaux flux d’informations au sein de mon réseau de services web, n’y sont représentés que les services que j’utilise le plus souvent, au moins une fois par semaine, on y distingue en turquoise les nœuds que je mets moi-même à jour soit directement (ex : flickr) soit indirectement par mon utilisation du service (ex : last.fm), sous forme d’octogones les nœuds recevant plus de 5 flux (aggrégateurs, concentrateurs) et en contour gras les nœuds n’émettant pas de données (récepteurs), un nœud spécifique nommé ‘RSS feeds’ représente à lui seul l’ensemble des flux d’informations externes que je lis quotidiennement :

out

Figure Les flux d’information de mon réseau de services web

Ce paquet de nouilles n’est pas exhaustif mais permet déjà de se rendre compte de l’éparpillement et du nombre de services que j’utilise presque au quotidien en étant certes un utilisateur avancé mais non compulsif et peu prolifique. Je suis symbolisé par le nœud le plus haut et les deux nœuds les plus bas représentent d’une part le public, la communauté, l’ensemble des internautes potentiellement intéressés par mes informations et mes données et d’autre part mes amis, ma communauté privée qui revêt en fait un caractère multiple selon les services.

Je possède un compte utilisateur par service, généralement un avatar, j’ai ajouté un certain nombre d’informations personnelles, de liens et de références sur chacun de ces sites, j’ai téléchargé des photos, mis à jour des textes, posté des vidéos et des commentaires, déposé mes avis et envoyé des dizaines de messages, créé presque autant de réseaux sociaux dédiés que de nœuds présents sur ce graphe. Je suis pourtant dans l’incapacité presque totale de lister mes contributions, mes données et mes médias, je n’ai quasiment aucun contrôle sur mes données, leur référencement ni sur l’utilisation qui est en faite.

Si un service venait à fermer, disons Facebook, je perdrais tous les contacts que j’ai accumulés au cours du temps, toutes les informations que j’ai échangées avec ce réseau d’amis, je perdrais peut-être même de vue certaines personnes avec lesquelles je ne possède qu’un lien très mince, mais qui m’importe, au travers de ce réseau. Si je change d’avis à propos d’une opinion quelconque, ce qui m’arrive sans arrêt, par exemple concernant un article déposé sur mon blog que je ne souhaiterais plus voir lu, je pourrais certes le supprimer de mon blog mais il aura entre temps été dupliqué, échangé, diffusé, référencé et archivé à de multiples endroits sans que j’en sois informé et sans que je n’ai aucun contrôle (ou presque) sur sa longévité.

J’ai redécouvert aujourd’hui, en écrivant, le service Twine permettant d’indexer sémantiquement et de partager tout type d’information du web, j’ai réactivé mon compte et commencé à manipuler un peu le service, mais ce que je souhaiterais à présent c’est partager ces informations, échanger avec mon réseau, avec mes amis, mes contacts, mes collègues, il faut alors que j’envoie une palanquée d’invitations, soit en me souvenant de leur adresse mail, soit en me loguant depuis Twine sur mes quatre ou cinq comptes mail, bref il me faut reconstruire un nouveau réseau social sur Twine au risque d’ennuyer ces amis à qui j’envoie régulièrement ce genre d’invitations, entrer à nouveau mes informations personnelles après m’être créé un compte supplémentaire, charger un nouvel avatar et recommencer à approvisionner mon espace utilisateur avec des données que j’aurais parfois sans doute déjà sauvegardées sur del.icio.us ou Google Reader…

Lorsque j’étais adolescent j’avais écrit un certain nombre d’articles, de poêmes, j’avais rédigé des commentaires, diffusé des photos de moi en soirée ou exprimé des opinions avec lesquelles je suis à présent en désaccord et cet ensemble d’informations pourrait très bien s’avérer néfaste si je recherche un nouveau poste et que mon employeur commence à fouiller dans les archives du web, et pourtant à l’époque le web ne ressemblait pas à ce qu’il est aujourd’hui avec la profusion de services et l’exposition de soi que l’on constate actuellement. En me mettant à la place d’un adolescent d’aujourd’hui, qui cultive son réseau sur Myspace, qui écrit sa rebellion au système, diffame ses professeurs ou diffuse des photos et des vidéos de lui-même, j’imagine l’inconfort qui pourra être le sien dans quelques années lorsqu’il recherchera du travail et que tous les employeurs auront pris l’habitude de fouiller un peu sur Google… Mais même sa vie privée digitale pourra s’en trouvée compliquée, peut-être n’a-t’il pas envie que ses anciens amis de Myspace le retrouvent sur Facebook, autre époque autres amis…

Le concept de portabilité des données et les efforts autour du web sémantique essaient de trouver des solutions à toutes ces problématiques, en tentant de décentraliser le réseau social, le rendant indépendant du service mais gérable depuis n’importe lequel d’entre eux, en essayant de rendre les données échangeables et manipulables de n’importe quel endroit du réseau, en proposant une gestion centralisée de l’identité et des données tout en décentralisant le contenu et les médias eux-mêmes. Bref en oeuvrant pour rendre à l’utilisateur le contrôle total de ses données et de son identité.





Vulgarisation web2.0 : Crowdsourcing ou la puissance des foules au service des entreprises

22 10 2008

« Puisque les internautes veulent créer de la valeur, donnons-leur les moyens de créer mais profitons de cette valeur ». Cela pourrait être une phrase prononcée par quelques bénéficiaires du crowdsourcing, l’utilisation de la puissance des foules au service des entreprises, bien plus lucratif que l’outsourcing actuel bien que ne couvrant pas toujours le même spectre de compétences.

Qu’il s’agisse de production d’images, de vidéos, de texte (commentaires, critiques, ..), de programmes informatique, de jeux vidéos ou plus simplement d’idées, la population du web est riche de compétences ne demandant souvent qu’à être entendues. L’homme moderne ne crée généralement pas pour le simple fait de se faire plaisir à lui-même in fine, il crée pour obtenir de la reconnaissance, pour le plaisir d’être utile à autrui, pour atteindre un objectif personnel ou professionnel, afin de réaliser quelque chose d’important à ses yeux pour une communauté ou pour l’humanité ou plus simplement pour gagner de l’argent. Dans l’écosystème actuel du web, les utilisateurs produisent en permanence toutes sortes de choses, pourquoi finalement ne pas leur offrir ce qu’ils recherchent tout en bénéficiant de l’effet levier du nombre de producteurs disponibles afin de tirer vers le haut certaines activités de l’entreprise, comment utiliser cette force phénomènale afin de réduire les coûts et démultiplier les efforts ?

Le paradigme mis en valeur par le terme de « crowdsourcing » n’est finalement pas tout récent et trouve ses origines dans la communauté scientifique et open-source. Je me souviens avoir installé au millieu des années 90 un petit logiciel téléchargé sur le site distributed.net qui permettait de faire avancer la recherche en cryptographie, il s’agissait des célèbres challenges RC5 : des serveurs centralisés émettaient vers les clients installés sur des milliers d’ordinateurs comme le mien des lots de clés de chiffrement, ces clients étaient ensuite chargés d’utiliser la puissance de calcul non utilisée des ordinateurs personnels afin d’effectuer des tâches de déchiffrement, l’objectif était d’augmenter la longueur des clés de chiffrage potentiellement cassables. Les résultats des micro-calculs effectués par les clients étaient ensuite remontées vers les serveurs centraux chargés de gérer les problématiques de corrélation et de distribution des tâches, je participais quelque part, à ma mesure, à la recherche scientifique, c’est ainsi qu’en juillet 2002 une clée RC5 de 64bits fut cassée après 1757 jours de calcul distribué ! Les challenges RC5 existent toujours, à l’heure actuelle une clée RC5 de 72bits est en cours de déchiffrage, et le concept a fait des émules comme le désormais incontournable projet Seti@home lancée en 1999 et donc l’objectif est le décodage de signaux extraterrestres. Des vers informatiques ont emprunté l’idée afin de déchiffrer de manière illégale des codes DRM par exemple, ceci à l’insu des utilisateurs.

Les exemples précédents constituent du crowdsourcing automatisé car l’utilisateur n’est pas réellement à l’origine de la création de valeur, il accepte (ou non dans le cas des vers) de partager un peu de sa puissance de calcul, mais le concept est tout de même là : produire en masse pour ne garder que le meilleur (la clée cassée) et rémunérer celui qui est sélectionné (ou celui qui a trouvé, indirectement par l’usage de son pc, la clée recherchée).

La communauté open-source qui développe gratuitement des logiciels pour l’usage du plus grand nombre fait partie de cette population de « crowdsourcés » lorsque les logiciels sont insérés comme briques constituantes d’autres logiciels qui une fois vendus rapportent de l’argent à des entreprises comme RedHat ou Ubuntu. Cette dernière propose même, par la voie de son président milliardaire philanthrope Mark Shuttleworth, des problèmes informatiques à résoudre ou des besoins logiciels à satisfaire pour le compte de la société contre rémunération à celui qui fournira la meilleure réponse.

Le phénomène a gagné la sphère du web, et ‘web 2.0’ oblige il ne cesse de croître avec le nombre toujours grandissant de prosommateurs… Jeff Howe, l’inventeur du terme, raconte dans Wired comment la banque d’images iStockPhoto permet de bénéficier de photographies en abondance au prix de 1$ l’unité, service pouvant être largement utilisé par les entreprises pour leurs besoins propres. Il n’est plus nécessaire de s’adjoindre les services d’agences spécialisées lorsque des milliers de photographes amateurs arrivent au même résultat avec des logiciels comme Photoshop ou son équivalent libre The Gimp.

Une activité spécifique jusque là restreinte au monde du logiciel open-source, reprise par le monde des affaires peut se trouver fort lucrative pour les deux parties : Howe prends l’exemple d’Ed Malcarek, un scientifique de 57 ans qui a ainsi pu gagner 25 000 dollars en fournissant au laboratoire de R&D de Colgate une nouvelle solution d’injection de poudre fluorée dans un tube de dentifrice.. Le crowdsourcing au service de l’innovation. L’exemple de Fisher Price est bien connu et pas vraiment récent : faire participer les parents à l’élaboration et aux tests des jouets qui seront vendus demain en masse. Puisque le client est à présent au centre des attentions, demandons lui son avis, il est le plus à même de décrire ce qu’il souhaite acheter demain.

Les services d’expertise comme LycosIQ et les autres sont également des utilisateurs de crowdsourcing, ils utilisent l’expertise de leurs membres afin de fournir un service au plus grand nombre tout en bénéficiant des revenus d’audience liés à la publicité.

L’idée du crowdsourcing au final est pour les entreprises de concentrer les talents sur un objectif qui leur est utile, mais que vont penser tout ceux qui ont créé ou tout simplement passé du temps pour tenter de remporter une somme d’argent ou un prix et qui ne sont jamais élus ? Ce modèle peut-il perdurer au fur et à mesure que les frustrations se feront sentir de plus en plus pressantes ? Un équilibre devra être trouvé afin que chacun continue bien à y trouver son compte.

Pour en savoir plus :

http://dreamorange.fr/?title=bientot_tous_createurs&p=Portal/document&JDocumentOid=105

http://www.dreamorange.fr/?title=crowdsourcing_la_puissance_economique_des_foules&p=Portal/document&JDocumentOid=2063&lang=fr_FR





Vulgarisation web2.0 : le web des prosommateurs

17 09 2008

 

“Information” et “Automatique” ont formés en 1967, après décision du Général De Gaulle, le mot ‘Informatique’ . Alvin Toffler, l’un des futurologues américains les plus célèbres de notre temps, inventa en 1980 le terme ‘Prosumer’, provenant de ‘producer’/’professional’ et de ‘consumer’, ce qui traduit en français à partir de ‘professionnel’/’producteur’ et ‘consommateur’ donne ‘prosommateur’. Wikipedia donne cette définition :

 

« Le plus souvent utilisé dans le domaine du commerce pour signifier que le consommateur participe à la distribution (dans la vente par internet ou au supermarché). Malgré cela, son utilisation est de plus en plus répandue et peut signifier à la fois un consommateur professionnel et un consommateur producteur »

 

Alvin Toffler et sa femme Heidi définissent ainsi le terme :

 

« Le terme a été inventé pour qualifier ceux qui créent des biens, des services ou de l’expérience, destinés à leur usage privé, et à leur satisfaction personnelle, plutôt qu’à la vente ou à l’échange. Quand nous sommes à la fois producteurs et consommateurs de notre production, nous sommes des prosommateurs »

 

Lorsque ma femme a décidé de créer de ses mains une maison de poupées pour ma fille, qu’elle a acheté des matériaux et des outils à cet effet et qu’elle a ainsi contribué à la productivité en fabriquant cette pièce unique qui ne sera ni vendue ni échangée, j’aurais pu la qualifier de prosommatrice, en prenant soin toutefois de lui expliquer la signification du terme sous peine de risquer une crise de couple majeure…

 

De la même manière, les contributeurs à Wikipédia qui effectuent du bénévolat au sein de la communauté et participent à son développement et à son économie, les développeurs de logiciels libres qui font gracieusement profiter la communauté de leurs talents, les photographes amateurs ou professionnels qui font bénéficier l’ensemble des utilisateurs de Flickr de leurs œuvres uniques ou encore l’ensemble de la communauté des bloggueurs qui fait avancer les débats et met souvent à disposition de l’information inédite sont tous des prosommateurs : ils produisent et consomment, de manière professionnelle ou non, pour le plaisir de faire partager leurs créations quelle qu’en soit la valeur ajoutée réelle ou supposée, et se nourissent du regard et des remerciements des autres membres de la communauté. Toffler indiquait dans son œuvre ‘La richesse révolutionnaire’ qu’en 2001 un rapport estimait à 50 000 milliards de dollars la production générée par la prosommation mondiale, non calculée dans les différents PIB.

 

Le web actuel permet donc à l’humanité de continuer de s’adonner à un de ses passe-temps préférés, à l’échelle du marché numérique mondial.





Vulgarisation web2.0 : le web2.0 n’existe pas ?

16 09 2008

 

On trouve sur l’Internet un nombre incalculable de définitions du terme Web 2.0 mais doit-on, peut-on, vraiment donner une définition à un terme qui n’est pas statique et dont l’existence même est un non-sens ?

 

La gestion de configuration est un domaine particulier du cycle de développement logiciel visant à contrôler les fonctionnalités et définir le périmètre des tests techniques et fonctionnels d’une application, d’un logiciel. Afin d’assurer ce contrôle, il est nécessaire de s’accorder avec tous les partenaires du projet sur un nombre arrêté de fonctionalités et de les lôtir dans le temps avec la volonté de répartir et de quantifier les efforts de chacun. Lorsque l’on décide que le logiciel est suffisament mûr pour lui faire subir un cycle complet de tests et de mise en production, on émet une version, qui peut être définie très précisément par sa liste de fonctionnalités, ses défauts résiduels, les versions de librairies qu’il utilise et sa date de mise en production.

 

On ne dit pas simplement web 2, mais bien web 2.0, en référence explicite au domaine de la gestion de configuration logicielle qui défini en général une version logicielle par x.y.z, x signifiant le niveau de version majeure du logiciel, y sa version mineure et z son niveau de correctif. Le niveau de version d’un logiciel indique ainsi quelle est l’ampleur des modifications et donne une idée du nombre de fonctionnalités ajoutées.

 

Vouloir donner une définition au terme ‘web 2.0’ voudrait dire, pour être précis (mais c’est bien ce que l’on veut lorsque l’on recherche une définition), que l’on est en mesure de décrire les fonctionnalités exactes, les technologies utilisées et le périmètre d’utilisation précis des services pouvant revendiquer la qualification ‘web 2.0’, c’est déjà peine perdue…

 

‘2.0’ signifie par ailleurs un changement majeur de version, alors que ce que l’on entend communément par web 2.0 revêt finalement plus un caractère de continuité que de rupture. Le web évolue et il a fini par arriver à un niveau de maturité se rapprochant de ce que Tim Berners-Lee avait imaginé il y a quinze ans lorsqu’il a proposé son système de gestion de l’information à la direction du CERN. Il a donc bien suivi son évolution naturelle, sans créer de vraie rupture, nous sommes simplement arrivés à une période où les usages et les technologies ont suffisament évolués, de concert, pour enfin se rencontrer et trouver une certaine osmose.

 

En fin de compte, pour être plus rigoureux avec nous-mêmes, il serait presque préférable de parler simplement de ‘web 2’, évoquant un web ‘deuxième génération’, dont les contours sont plus flous mais dont la finalité est de faire se rencontrer les hommes et la technique, à la manière dont nous parlons de générations sociales regroupant les hommes et les femmes qui partagent peu ou prou la même vision élargie du monde, les mêmes références et les mêmes espoirs.

 

Le terme représente pourtant bien une rupture dans les esprits, mais elle n’est ni technologique ni sociologique, elle est économique et elle a sans doute permis à la planète Internet de se remettre des cinq années noires de ce début de siècle, celles de l’après-bulle.

 

Soyons donc libres d’utiliser ce terme puisqu’il fait référence à un renouveau économique, à une nouvelle manière pour le grand public d’utiliser cet outil, mais abandonnons l’idée de lui trouver une définition si ce n’est peut-être le moment où l’usage et la technologie se sont rencontrés sans que l’un ne pèse sur l’autre, naturellement.





Vulgarisation web2.0 : le microblogging

16 07 2008

On l’a tous fait, écrire sur les tables en bois déjà bien torturées du lycée pendant le cours de philo, de sciences ou de français. Peut-être même avez vous fait l’expérience de communiquer par messages de table interposés avec un illustre inconnu ou bien votre meilleur(e) ami(e). C’est amusant en fin de compte de commenter le dessin de l’un, terminer celui d’un autre ou faire durer un jeu de morpion plus d’une semaine (les cours de philo ce n’est pas tous les jours non plus !). Peut-être s’agissait-il simplement de commenter les anti-sèches d’un camarade d’une autre classe dont on ignorait bien le nom, de donner son avis sur des questions métaphysiques comme on en a des tonnes quand on est ado, ou bien simplement d’échanger des boutades avec son voisin de table.

Dans le monde du web2.0, bien à la traîne finalement, ils ont appelé cela le ‘microblogging’, une espèce de mutan se situant entre le blog, le journal public du web, et le chat, la discussion en ligne interactive. Il s’agit d’un mutan car on y échange en général des messages plus court que sur un blog (~140 caractères max), plus long que dans un chat, on est un peu plus prolifique en nombre de posts qu’un blog mais bien moins qu’un chat, les délais de réponse sont allongés, une discussion peut prendre quelques minutes, quelques heures ou quelques jours, et on y échange en fait bien plus que de simples messages texte, il s’agit d’images, de vidéos, de liens…

Les services stars du microblogging s’appellent Twitter, Jaiku ou Pownce il vous permettent d’envoyer des messages directement depuis le web, avec de belles interfaces dynamiques AJAX, depuis un client java installé sur votre ordinateur ou bien encore, et c’est cela la vraie convergence et tout l’intérêt de ce genre de services, par SMS. Ils vous permettent de synchroniser votre statut facebook avec vos derniers messages, ainsi votre réseau d’amis sur facebook est au courant que vous êtes dans l’avion en train de partir pour les Seychelles grâce à l’envoi d’un simple SMS (ce que permets en fait nativement facebook).

Le SMS fonctionne d’ailleurs aussi très bien à l’inverse : vous êtes informé que Marc s’ennuie ferme en séminaire alors que vous êtes bien installé à une terrasse de station de ski en train de boire un de ces fameux vins chauds, il ne vous reste plus qu’à lui envoyer une photo du remonte-pentes ou de la jolie blonde qui est assise à la table d’à côté pour l’aider à se détendre, il ne vous faudra appuyer que sur deux ou trois boutons.. :) La différence avec le SMS ou le MMS c’est la convergence des interfaces (vos amis reçoivent vos messages par mail, par fil de syndication, directement sur le site du service, sur facebook ou tout autre site relayant vos messages) et la multi-diffusion systématique (un vers plusieurs).

C’est aussi cela le web2.0, la communication quoiqu’il arrive, l’échange et le partage en toute liberté, il ne faut pas y voir un enfermement virtuel, ce n’est en fin de compte qu’un moyen supplémentaire d’étendre sa vie sociale, celle qui est bien réelle, c’est une nouvelle manière de voir les relations entre amis, de garder le contact !





Vulgarisation web2.0 : de copainsdavant.fr à facebook

16 07 2008

Nous sommes nombreux à avoir eu, voire encore aujourd’hui, un compte sur copainsdavant.fr, finalement un des premiers réseaux sociaux de France. Personnellement j’avais trouvé le concept intéressant à l’époque, étant naturellement peu enclin à me tenir informé du parcours de mes anciens camarades de classe, cela me donnait un moyen de rester en quelque sorte un peu en contact, on pouvait se remémorer les anciens souvenirs, photos de classes, anciens copains et voir ce qu’étaient devenus les enquiquineurs, les bons copains, les anciennes petites amies : l’un avait fait le tour du monde, l’autre s’était vite installé en couple et il était attendrissant de voir les photos de son bout de chou, encore une autre était devenue chef d’entreprise, postier, fleuriste ou cadre dans une grande entreprise.

Mais il y a toujours eu une gêne latente avec ce site, l’envie d’échanger un petit message, d’avoir accès à l’adresse mail de son correspondant ou aux photos mises en ligne, pouvoir faire des commentaires ou être tenus informés des modifications de statuts familiaux : Caro, mariée ? Ca par exemple !
Je pense que peu ont payé un compte étendu pour avoir accès à certaines de ces fonctionnalités, je ne faisait en tout cas par partie de ceux-là. Les connaisseurs diront qu’à présent tout cela est possible mais je leur répondrait que les dirigants de ce service ont légèrement loupé le coche, entre-temps un mastodonte s’est imposé et n’est pas prêt de laisser sa place : facebook.
A l’origine développé à Harvard pour l’usage interne des étudiants du campus puis étendu à l’ensemble des universités américaines, facebook s’est construit sur une idée simple empruntée aux murs des campus américains : chacun dispose d’un espace, ‘The wall’, sur lequel tout le monde peut venir écrire, il peut s’agir d’un simple message texte, d’une vidéo, d’une photo ou du lien d’un nouveau site internet.

Voici ce que dit Wikipedia à propos de facebook :

« Facebook est un site Web de réseau social destiné à rassembler des personnes proches ou inconnues, en priorité dans les pays anglophones. En mars 2008, il rassemblait plus de 80 millions de membres à travers le monde, il est le 8e site le plus visité d’après Alexa Internet. Facebook est né à Harvard. En effet, il est à l’origine le réseau social fermé des étudiants d’Harvard avant de devenir accessible aux autres universités américaines. La vérification de la provenance de l’utilisateur se faisait alors par une vérification de l’adresse électronique de l’étudiant. Le site est ouvert à tous depuis septembre 2006.

Le nom du site s’inspire des albums photo (trombinoscope ou facebooks en anglais) regroupant les photos prises de tous les élèves durant l’année scolaire et distribuées à la fin de celle-ci aux collégiens, lycéens et étudiants.
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La version française a été mise en ligne le lundi 10 mars 2008″

Facebook c’est du partage de photos, l’affichage des informations que l’on veux bien donner (statut civil, email, profession, parcours scolaire/professionnel, hobbies, films préférés, musique favorite, ..), un fil d’information (feed) permettant de scruter les modifications de profil de ses amis, leur activité et leurs messages ou encore la possibilité de rejoindre des groupes d’autres utilisateurs, militants, associatifs ou simplement inutiles (mon préféré est sans doute ‘Pour que Coyotte arrive enfin à choper Bip Bip et lui défonce sa gueule !‘). Facebook c’est la possibilité de rester un anonyme pour la planète lorsque ses amis auront les dernières infos que vous voudrez bien leur communiquer ou de vivre une vie numérique complètement publique mais c’est aussi, et surtout, une formidable plate-forme de communication extensible à l’infini à l’aide des ‘facebook apps’, ces petites applications que vous ajoutez à votre profil en deux clics et qui sont autant de moyens supplémentaires et différents de faire partager à vos amis vos goûts, vos humeurs, votre activité sur le web ou vos convictions personnelles.

On compte à l’heure où j’écris 24000 applications disponibles, il s’en ajoute 140 nouvelles par jour (http://www.facebook.com/press/info.php?statistics) allant du test de personnalité au répondeur vocal, en passant par les innombrables quizz, du plus délirant au plus sérieux et qui vous permettent de comparer vos goûts à vos amis ou à d’illustres inconnus.

Et puis il y a également toute une ribambelle d’applications s’interconnectant à d’autres sites sur lesquels vous êtes inscrits et permettant ainsi d’afficher sur votre profil ce que vous y faites, ce que vous voulez bien partager, de votre liste de liens favoris publiques del.icio.us aux derniers articles publiés sur votre blog, mais nous reviendrons sur ce point une fois que j’aurais pu présenter tous les autres types de services que l’on peut trouver dans cet écosystème incroyablement bouillonnant du web2.0 car certains voient déjà facebook comme le ’social OS’ du web, LA plate-forme qui va aggréger toute votre vie sociale numérique.

Du profil le plus sobre ne contenant que votre nom et la liste de vos amis, uniquemment visible de ceux-cis ou pas du tout, au profil absolument délirant du testeur d’applications qui tient absolument à être le premier sur ler dernier buzz à la mode, vous devriez forcément trouver votre bonheur sur facebook. Il est bien lointain le temps de copainsdavant.fr…

Le web change et facebook a bien l’intention d’y contribuer à sa mesure.





Vulgarisation web2.0 : la syndication

12 07 2008


La syndication web est un procédé utilisé par les services leur permettant de partager l’information avec d’autres sites ou vers des utilisateurs. L’utilisation la plus commune est la lecture de journaux, lemonde.fr, lefigaro.fr par exemple. Il s’agit d’un flux xml (Adresse internet générant un contenu sous forme de fichier XML), d’un format défini (RSS ou ATOM) lisible par tout lecteur compatible.

Les flux de syndication peuvent être lus depuis des applications dédiées appelés lecteurs ou aggrégateurs de flux de syndication, il peut s’agir de logiciels PC (Firefox, SharpReader, FeedReader, …) ou d’applications web (Google Reader, NetVibes, RSS feed, …). Leur présentation ressemble généralement à ce que l’on peut trouver sur les lecteurs de mails, les flux souscrits sont présentés dans un panneau, la liste des articles d’un flux est ensuite disponible comme une liste de mails, un clic sur l’un deux fait apparaître son contenu.

L’accès à l’information est facilité puisque vous disposez dans une seule application de toutes les sources vous intéressant, des derniers articles de vos journaux favoris, aux derniers articles des blogs de vos amis en passant par leurs dernières photos téléchargées.

On apprends vite à repérer un logo de flux de syndication et l’ajout à votre liste est extrêment simple, facilitée par leur reconnaissance immédiate de la part de votre navigateur internet :

L’exemple ci-dessus illustre l’abonnement flash à une liste de notification Facebook. Firefox connaît mes préférences de syndication et sur reconnaissance d’un flux RSS fait appel immédiatement à Google qui me propose de lui ajouter ce nouveau flux soit sur ma page d’accueil iGoogle soit dans mon espace GoogleReader. Ainsi plutôt que de m’authentifier sur facebook afin de voir ce que mes contacts ont fait de nouveau je pourrais le savoir directement en lisant les dernières actualités depuis GoogleReader.

Maintenant que vous avez une première idée de ce à quoi peut bien servir la syndication web, il ne vous reste plus qu’à créer un compte gratuit GoogleReader et à apprendre à identifier les flux de syndication sur vos sites favoris !





Vulgarisation web2.0 : Typologie des sites et services

11 07 2008

Il est inutile de réinventer lorsque des personnes brillantes ont déjà fait le travail et l’ont partagé, c’est aussi cela le web2.0 :

http://www.internetactu.net/2008/02/01/le-design-de-la-visibilite-un-essai-de-typologie-du-web-20/#comment-728263