Vulgarisation web2.0 : le web2.0 n’existe pas ?

16 09 2008

 

On trouve sur l’Internet un nombre incalculable de définitions du terme Web 2.0 mais doit-on, peut-on, vraiment donner une définition à un terme qui n’est pas statique et dont l’existence même est un non-sens ?

 

La gestion de configuration est un domaine particulier du cycle de développement logiciel visant à contrôler les fonctionnalités et définir le périmètre des tests techniques et fonctionnels d’une application, d’un logiciel. Afin d’assurer ce contrôle, il est nécessaire de s’accorder avec tous les partenaires du projet sur un nombre arrêté de fonctionalités et de les lôtir dans le temps avec la volonté de répartir et de quantifier les efforts de chacun. Lorsque l’on décide que le logiciel est suffisament mûr pour lui faire subir un cycle complet de tests et de mise en production, on émet une version, qui peut être définie très précisément par sa liste de fonctionnalités, ses défauts résiduels, les versions de librairies qu’il utilise et sa date de mise en production.

 

On ne dit pas simplement web 2, mais bien web 2.0, en référence explicite au domaine de la gestion de configuration logicielle qui défini en général une version logicielle par x.y.z, x signifiant le niveau de version majeure du logiciel, y sa version mineure et z son niveau de correctif. Le niveau de version d’un logiciel indique ainsi quelle est l’ampleur des modifications et donne une idée du nombre de fonctionnalités ajoutées.

 

Vouloir donner une définition au terme ‘web 2.0’ voudrait dire, pour être précis (mais c’est bien ce que l’on veut lorsque l’on recherche une définition), que l’on est en mesure de décrire les fonctionnalités exactes, les technologies utilisées et le périmètre d’utilisation précis des services pouvant revendiquer la qualification ‘web 2.0’, c’est déjà peine perdue…

 

‘2.0’ signifie par ailleurs un changement majeur de version, alors que ce que l’on entend communément par web 2.0 revêt finalement plus un caractère de continuité que de rupture. Le web évolue et il a fini par arriver à un niveau de maturité se rapprochant de ce que Tim Berners-Lee avait imaginé il y a quinze ans lorsqu’il a proposé son système de gestion de l’information à la direction du CERN. Il a donc bien suivi son évolution naturelle, sans créer de vraie rupture, nous sommes simplement arrivés à une période où les usages et les technologies ont suffisament évolués, de concert, pour enfin se rencontrer et trouver une certaine osmose.

 

En fin de compte, pour être plus rigoureux avec nous-mêmes, il serait presque préférable de parler simplement de ‘web 2’, évoquant un web ‘deuxième génération’, dont les contours sont plus flous mais dont la finalité est de faire se rencontrer les hommes et la technique, à la manière dont nous parlons de générations sociales regroupant les hommes et les femmes qui partagent peu ou prou la même vision élargie du monde, les mêmes références et les mêmes espoirs.

 

Le terme représente pourtant bien une rupture dans les esprits, mais elle n’est ni technologique ni sociologique, elle est économique et elle a sans doute permis à la planète Internet de se remettre des cinq années noires de ce début de siècle, celles de l’après-bulle.

 

Soyons donc libres d’utiliser ce terme puisqu’il fait référence à un renouveau économique, à une nouvelle manière pour le grand public d’utiliser cet outil, mais abandonnons l’idée de lui trouver une définition si ce n’est peut-être le moment où l’usage et la technologie se sont rencontrés sans que l’un ne pèse sur l’autre, naturellement.





Vulgarisation web2.0 : technologies et briques communes

10 07 2008

Si le paradigme web2.0 ne constitue pas une révolution technique en soi il repose cependant sur une couche technique qu’il convient d’appréhender avant de se lancer dans le grand bain.

La plupart des technologies qui sont utilisées sont bien connues et datent d’avant l’invention du terme web2.0, ce qu’il est intéressant de constater c’est l’utilisation qui en est faite, à vrai dire l’utilisation intégrée et simultanée qui en est faite.

Cette vision du web, orientée autour du l’humain, laissant entendre en sourdine que c’est bien l’utilisateur qui reprend le contrôle du réseau a quelque peu été encouragée par les ténors de l’open source, les idées cultivées par un Richard Stallmann ou un Ian Murdock sont bien proches lorsqu’ils militent pour la libéralisation des codes source, la possibilité pour tout un chacun pour peu qu’il en ai les compétences de modifier lui-même ses logiciels afin de les rendre tout à fait adapté à ses besoins et surtout l’idée que ces modifications ne peuvent être redistribuées que sous le même régime de droit : l’utilisateur reprend ses droits sur ses applications, il n’est plus simple possesseur d’une licence d’utilisation lourdement payée, il possède toutes les données pour adapter le logiciel à ses besoins si l’envie lui prend. Je tiens tout de même à préciser en guise de parenthèse pour les néophytes que le fait qu’un logiciel soit libre n’induit pas sa gratuité, rien ne vous empêche de vendre un logiciel libre tant que vous garantissez à l’utilisateur qu’il conserve les droits du logiciel d’origine.

Il est donc normal qu’une écrasante majorité de technologies utilisées par les services du web2.0 soient issues de la communauté du logiciel libre. Nous parlions précédemment des logiciels serveurs et des logiciels client, il est intéressant de noter afin d’illustrer les propos ci-dessus que le principal logiciel équipant les serveurs web de l’Internet est le logiciel Apache, digne représentant de cette communauté du libre et il est tout aussi représentatif d’indiquer que le principal navigateur web incluant toutes les évolutions du web2.0 est le logiciel libre Firefox 3.0, lointain descendant du plus célèbre des navigateurs de son époque : Netscape, assasiné sous les coups de boutoir de son rival Internet Explorer.

Un ensemble de concepts, de pratiques et d’outils caractérisent donc le web2.0 (je ne prétend pas être exhaustif) :

  • Le Blog (ou Weblog, journal web) qui est un peu la transposition numérique et surtout publique du journal intime, permettant d’adresser ses réflexions, ses émois et ses avis à la communauté.
  • Les commentaires : les contenus doivent pouvoir être commentés, débattus, directement sur la page qui le présente et non plus dans un espace de forum annexe. Tout se commente.
  • Le wiki, né bien avant l’avènement du web2.0 mais qui lui est depuis associé décrit un site internet ou un espace dédié d’un site internet où le contenu est directement éditable par les visiteurs, modéré (les modifications sont validées par un modérateur avant diffusion) ou non. Chacun contribue à l’information, le site le plus emblématique est sans conteste wikipedia, véritable encyclopédie participative en ligne.
  • La syndication (flux RSS, ATOM) est le véritable liant de l’espace web2.0 : le partage du contenu est la raison d’être du mouvement, cette utilisation de la technologie xml permets de diffuser l’information de manière extrêmement portable et légère. Il s’agit de petits fichiers organisés téléchargeables sur les serveurs web décrivant des informations : articles, photos, liens, … Ils sont destinés à être lus par des automates : des clients pc dédiés, des sites d’aggrégation (Google Reader par ex) ou d’autres sites de contenu permettant ainsi de partager l’information et d’augmenter sa visiblité.
  • Les nuages d’étiquettes (ou tags) sont au premier abord une manière de présenter l’information sous forme de mots-clés. Chaque information est accompagnée de mots-clefs la décrivant, il est donc possible de retrouver ainsi tous les contenus d’un site web étant attachés à ce mot-clef. Mais plus qu’une présentation il s’agit surtout d’une nouvelle méthode de recherche, la folksonomy, il devient en fin de compte presque inutile de classer l’information par catégories et sous-catégories car l’information est souvent multiple et le contenu pourrait appartenir à plusieurs catégories, chacun possède sa manière de ranger l’information dans des dossiers et retrouver ainsi l’information classée revient à essayer d’imaginer la manière dont l’auteur a pu vouloir organiser la sienne. Plutôt que de rechercher la catégorie on va donc à présent rechercher des mots-clefs qui pourraient être attachés à l’information recherchée.
  • Les APIs (Application Programming Interface), terme largement utilisé dans le monde du développement logiciel depuis de nombreuses années est utilisé sur le web simplement pour ce qu’elles sont : des interfaces d’accès aux données ou de récupération d’informations. Il s’agit de la possibilité d’accéder aux contenus de manière automatisée et non par navigation classique, avec des programmes externes, de votre cru ou non. Vous pourriez ainsi par exemple développer un petit logiciel qui effectue des recherches Google depuis votre PC, par exemple en cliquant sur un mot dans Word ou OpenOffice sans devoir copier/coller ce mot dans votre navigateur habituel. Word se connecterait à l’API de recherche Google en lui envoyant le mot recherché, il recevrait en échange l’ensemble des réponses correspondantes qu’il serait à même de vous afficher dans une petite boîte de dialogue..
  • Le Mashup est une application ou un site web composite construit grâce à l’appel combiné de plusieurs APIs. Si vous possédez une entreprise de logistique par exemple vous pourriez être intéressé par un site vous indiquant en permanence l’emplacement de votre flotte de véhicules. En ayant un abonnement aux APIs Orange de géolocalisation vous pourriez récupérer la position de chaque véhicule grâce au mobile de son chauffeur et faire appel à l’API Google Maps pour les positionner sur une carte à l’aide de petits pictogrammes. Les possibilités sont infinies et ne dépendent que de l’imagination des auteurs et des APIs disponibles. ex: ProgrammableWeb.
  • AJAX (Asynchronous JavaScript and XML) est né de technologies relativement mûres présentes depuis bien longtemps dans l’univers du web mais qui combinées offrent des fonctionnalités particulièrement intéressantes afin de faciliter l’interaction entre le site et l’utilisateur. Le principe est de pouvoir récupérer de l’information depuis une page web en tâche de fond sans rechargement de page. Un morceau de code présent sur le site, exécuté suite à une action de la part de l’internaute ou non est en mesure d’envoyer ou de récupérer de l’information qu’il va ensuite traiter afin de mettre à jour dynamiquement la page en cours de consultation. Peu de webmails (interfaces de consultation de mails par le web) vous obligent encore aujourd’hui à recharger votre page lorsque vous désirez lire un nouveau mail : le contenu du mail est récupéré en tâche de fond lorsque vous cliquez sur son sujet puis un espace dédié à la lecture présent sur la page est mis à jour avec cette nouvelle information, la navigation est accélérée, fluidifiée et les interfaces sont bien plus ergonomiques.
  • Les systèmes de vote permettent de donner un avis noté sur une photo, un commentaire, un article ou tout autre contenu.

Tous ces outils, concepts et pratiques sont utilisés par une multitude de sites collaboratifs axés sur le partage de l’information et la collaboration dont les objectifs sont tout aussi divers que le partage de média (photos, videos, ..), de contenu (liens, articles, avis, …), ou de relations sociales (privées, professionnelles, associatives, …).