On trouve sur l’Internet un nombre incalculable de définitions du terme Web 2.0 mais doit-on, peut-on, vraiment donner une définition à un terme qui n’est pas statique et dont l’existence même est un non-sens ?
La gestion de configuration est un domaine particulier du cycle de développement logiciel visant à contrôler les fonctionnalités et définir le périmètre des tests techniques et fonctionnels d’une application, d’un logiciel. Afin d’assurer ce contrôle, il est nécessaire de s’accorder avec tous les partenaires du projet sur un nombre arrêté de fonctionalités et de les lôtir dans le temps avec la volonté de répartir et de quantifier les efforts de chacun. Lorsque l’on décide que le logiciel est suffisament mûr pour lui faire subir un cycle complet de tests et de mise en production, on émet une version, qui peut être définie très précisément par sa liste de fonctionnalités, ses défauts résiduels, les versions de librairies qu’il utilise et sa date de mise en production.
On ne dit pas simplement web 2, mais bien web 2.0, en référence explicite au domaine de la gestion de configuration logicielle qui défini en général une version logicielle par x.y.z, x signifiant le niveau de version majeure du logiciel, y sa version mineure et z son niveau de correctif. Le niveau de version d’un logiciel indique ainsi quelle est l’ampleur des modifications et donne une idée du nombre de fonctionnalités ajoutées.
Vouloir donner une définition au terme ‘web 2.0’ voudrait dire, pour être précis (mais c’est bien ce que l’on veut lorsque l’on recherche une définition), que l’on est en mesure de décrire les fonctionnalités exactes, les technologies utilisées et le périmètre d’utilisation précis des services pouvant revendiquer la qualification ‘web 2.0’, c’est déjà peine perdue…
‘2.0’ signifie par ailleurs un changement majeur de version, alors que ce que l’on entend communément par web 2.0 revêt finalement plus un caractère de continuité que de rupture. Le web évolue et il a fini par arriver à un niveau de maturité se rapprochant de ce que Tim Berners-Lee avait imaginé il y a quinze ans lorsqu’il a proposé son système de gestion de l’information à la direction du CERN. Il a donc bien suivi son évolution naturelle, sans créer de vraie rupture, nous sommes simplement arrivés à une période où les usages et les technologies ont suffisament évolués, de concert, pour enfin se rencontrer et trouver une certaine osmose.
En fin de compte, pour être plus rigoureux avec nous-mêmes, il serait presque préférable de parler simplement de ‘web 2’, évoquant un web ‘deuxième génération’, dont les contours sont plus flous mais dont la finalité est de faire se rencontrer les hommes et la technique, à la manière dont nous parlons de générations sociales regroupant les hommes et les femmes qui partagent peu ou prou la même vision élargie du monde, les mêmes références et les mêmes espoirs.
Le terme représente pourtant bien une rupture dans les esprits, mais elle n’est ni technologique ni sociologique, elle est économique et elle a sans doute permis à la planète Internet de se remettre des cinq années noires de ce début de siècle, celles de l’après-bulle.
Soyons donc libres d’utiliser ce terme puisqu’il fait référence à un renouveau économique, à une nouvelle manière pour le grand public d’utiliser cet outil, mais abandonnons l’idée de lui trouver une définition si ce n’est peut-être le moment où l’usage et la technologie se sont rencontrés sans que l’un ne pèse sur l’autre, naturellement.





