Avant de décrire ce que peut représenter le ‘web2.0′, il convient de définir le web ‘1.0′ et donc le web tout simplement.. Puisque cette série d’articles est destinée à de la vulgarisation, commençons au départ, beaucoup de personnes ne distinguant pas la différence fondamentale existant entre l’Internet et le web pourtant évidente pour un public d’informaticiens.
Sans revenir aux origines de son histoire, dont on peut lire des articles et des rétrospectives et peut partout sur le web, il faut voir l’Internet comme un support. Souvent appelé le « réseau des réseaux » il est destiné à aggréger une multitude de réseaux d’entreprises, d’universités, d’états ou de diverses organisations, cela constitue un maillage extraordinairement complexe d’ordinateurs, de serveurs, de câbles et d’équipements réseau, visibles les uns et les autres au travers d’un plan de nommage commun offert par la technologie IP, un peu comme le réseau téléphonique qui relie des postes téléphoniques et leur permets de communiquer ensembles via un plan de nommage téléphonique (les numéros de téléphone !).
Certains serveurs offrent des services très variés, le web en est un tout comme la messagerie électronique (les mails), les groupes de discussion (newsgroups), les services de messagerie instantanée (MSN, ICQ, IRC, ..) ou encore les transferts de fichiers (FTP).
Chaque service permets de faire discuter entre eux des serveurs applicatifs (des logiciels installés sur des machines également appelées serveurs) et des clients à l’aide d’un protocole. Dans le monde réel nous pouvons faire l’analogie de la voix : lorsque qu’un professeur vous fait un cours il joue le rôle de serveur, il rend un service de fourniture de connaissance, vous, élève, jouez le rôle de client de ce service. Dans cet exemple, la voix joue le rôle de support et la langue celui de protocole : il vous aide à vous comprendre mutuellement, si vous ne comprenez que le français et que l’intervenant vous parle en finlandais, vous ne partagez pas le même protocole de communication, vous ne vous comprendrez pas.
De la même manière, sur internet, un client et un serveur (un fournisseur de service) doivent parler la même langue, le même protocole. A chaque service son client donc.
Vous lisez vos mails avec un lecteur de mails qui discute avec un serveur de messagerie via le protocole SMTP, vous récupérez des fichiers sur un serveur de téléchargements grâce à un client spécifique et tous les deux dicutent à l’aide du protocole FTP, vous naviguer sur le web, c’est à dire que vous téléchargez des pages HTML depuis un serveur sachant vous les envoyer, grâce à un navigateur web, un browser, les deux discutant ensembles à l’aide du protocole HTTP.
Lorsque Tim Berners-Lee inventa le web il imagina un protocole de communication, HTTP (HyperText Transfert Protocol), et un protocole de description de contenu (les pages web) nommé HTML (HyperText Markup Language). Un paradigme fondamental sous-tend le web, composante primaire des termes HTTP et HTML : le lien hypertexte, l’idée qu’un morceau de texte rendu cliquable permets d’accéder à une autre ressource web (page web, image, adresse email, …).
Le web s’est donc répandu sur cette idée simple : des clients, les navigateurs web (internet explorer, opera, netscape, mozilla, puis firefox) permettent d’accéder à du contenu statique (qui n’évolue pas, ou peu) faisant référence à d’autres contenus (pages, images, ..). Nous sommes donc bien ici dans un mode client-serveur basique : l’utilisateur est simple consommateur d’information, et l’information ne réagit pas en fonction du contexte (utilisateur différent, heure, jour, etc..).
Le contenu a finalement commencé à s’adapter au contexte avec l’utilisation massive de bases de données et de languages de programmation évolués : les pages HTML renvoyées par les serveurs sont toujours ’statiques’ mais elles sont générées et non plus seulement entreposées sur des disques dur : des programmes intéragissent avec des bases de données, génèrent du contenu HTML d’après les informations contextuelles (vous n’avez pas le même nom d’utilisateur que votre voisin) qui y sont entreposées et régulièrement mises à jour. Les sites ont commencé à vous reconnaître, à vous proposer des fonctionnalités de personnalisation. Mais l’utilisateur reste un consommateur de contenu même si le contenu devient plus riche et personnalisé.
Sur cette base, de nouveaux sites ont commencé à apparaître vous permettant d’agir sur le contenu qu’elles affichent : vous pouvez déposer des messages sur des forums, lire vos mails depuis un site web agissant comme une interface de navigation : le client mail n’est plus sur votre ordinateur mais centralisé sur le serveur distant auquel vous accédez avec votre navigateur, vous ne voyez pas ce client mail, simplement une interface symbolisée par des pages HTML.
Mais il n’y a pas que le contenu des pages HTML qui s’est dynamisé, il y a aussi la partie présentation avec l’utilisation par exemple du langage JavaScript : chacune de vos actions ne nécessite plus nécessairement l’appel au serveur pour récupérer une nouvelle page par navigation de liens en liens, certaines de vos actions déclenchent des scripts directement interprétés par votre navigateur : vérification de données que vous avez saisies ou dynamisation graphique de la page par exemple.
Technologiquement parlant il est difficile de parler de web2.0, les nouveaux sites dits ‘web2.0′ n’ont rien de révolutions technologiques même s’ils sont bien souvent très esthétiques et ergonomiques grâce à l’utilisation de technologies comme Flash ou AJAX (particularité du JavaScript permettant de charger des informations en fond de tâche vous donnant l’impression d’intéragir avec la page en cours sans rechargement de nouvelle page).
La vraie révolution du web2.0 est sociologique et repose sur un concept simple qui n’a pas réellement été provoqué mais est plutôt apparu naturellement, faisant suite à la dynamisation des pages, à l’utilisation des bases de données et des évolutions technologiques facilitant l’interaction, et surtout à la multiplication du nombre des abonnées à l’Internet : l’utilisateur n’est plus un simple consommateur, il devient producteur de l’information, du contenu.
Il s’agit essentiellement d’une révolution des usages : nous n’utilisons plus uniquemment le web pour rechercher de l’information, en tant qu’utilisateur il est appréciable de pouvoir donner son avis sur telle ou telle information, de commenter le contenu existant, de le partager, de le faire connaître de ses amis, de pouvoir garder contact avec ses relations personnelles ou professionnelles, d’échanger avec eux de multiples manières.
Si l’Internet est un réseau technique alors le web dans sa ‘version’ 2.0 est un réseau social mondial où l’information s’échange, se vend, s’achète, se partage et se commente. Les utilisateurs reprennent peu à peu le pouvoir et deviennent les acteurs du futur réseau mondial, le façonnant petit à petit à leur image.