Vulgarisation web2.0 : portabilité des données, la bataille idéologique

7 11 2008

L’idéologie se situe en fait au sein de toutes les autres ‘batailles’ ou interrogations autour de la portabilité des données, qu’il s’agisse de savoir s’il est correct de gagner de l’argent sur les informations fournies par les internautes sans que ceux-ci ne sachent vraiment ce qui est fait de ces données, qu’il s’agisse de s’interroger sur la légitimité de tel ou tel acteur ou sur ses vues de domination, de questionner l’avenir de la protection des données personnelles ou de s’interroger sur la notion d’identité digitale. Si les usages déterminent les services, les questions d’idéologie, de morale et de savoir-vivre conditionnent et bornent ces usages.

S’il est un nom qui est sur toutes les lèvres depuis quelques années c’est bien ‘Google’, l’hégémonie de cette entreprise est telle qu’elle en ferait presque oublier le géant Microsoft, qui passe pour être l’outsider le plus notable dans l’écosystème du web. Hubert Guillaud relate sur InternetActu un article de Nicolas Carr faisant état d’un concept tout à fait intéressant, connu mais à qui il donne un nom : le web centripète. S’appuyant sur la définition du terme centripète par Isaac Newton (« La force centripète est celle par laquelle un corps est attiré ou poussé vers un point quelconque considéré comme un centre ») , celui-ci détaille la manière dont Google a su se hisser au rang de super-puissance numérique en jouant presque naturellement le rôle de centre de-facto du web mondial grâce à la multitude de services qu’il propose, tous intégrés les uns aux autres.

En laissant le choix aux utilisateurs mais en n’ayant de cesse de leur rappeler furtivement qu’il est là, le mastodonte a réussi le tour de force d’être le chef d’orchestre de la popularité numérique via le fonctionnement de son moteur de recherche qui transcende le lien hypertexte (plus un site est populaire plus il le deviendra et inversement) en générant une force de convergence inéluctable là où le web se voulait à l’origine plat et divergent. Google est le centre de la popularité, de loin le plus puissant moteur de publicité du monde, ses services Google Mail, Google Reader, Google Desktop ou Youtube sont dans leur domaine les outils les plus globalement plebiscités, Google Maps est de loin l’API la plus utilisée par les milliers de mashups créées aussi bien par les développeurs indépendants que par les autres services web et même le marché des navigateurs web commence à frissonner devant la sortie de Google Chrome. Google nous tient. Les APIs Google Friend Connect, OpenSocial ou SocialGraph sont utilisées afin de créer des greffons universels, ramener l’ensemble des informations de réseau social vers leur éditeur, découvrir où sont cachées les données des utilisateurs afin de mieux les centraliser. Le roi du monde ne serait-il bientôt plus le président des Etats-Unis, mais le CEO de Google ?

Si Google centralise les données, il décentralise le réseau social : n’ayant pas vu venir à temps la vague (son service Orkut, relativement absent en Amérique du nord, en Europe, en Asie et en Afrique est cependant de loin le premier réseau social d’Amérique du sud), il tente tout de même de garder une main sur ces précieuses informations avec Google Friend Connect. Facebook a le fonctionnement inverse puisqu’il centralise le graphe social en autorisant la décentralisation des données, mais puisqu’il les aggrège sur son service il garde tout de même un œil intéressé dessus. Les deux travaillent à la centralisation de l’identité. La portabilité des données, elle, aimerait décentraliser le graphe social, les données, et l’identité au profit des utilisateurs, soucieux de reprendre le contrôle de leur vie digitale, surtout lorsque l’on relève que 80% d’entre eux prétendent n’avoir jamais diffusé d’informations personnelles en ligne alors que le constat est tout autre (source : Orange Business blog sécurité).

L’importance de savoir qui, demain, contrôlera nos données, de quelle manière et ce qu’il en fait est d’autant plus fondamentale que les informations extraites avec ou sans notre consentement se multiplient de manière vertigineuse. Le web connait notre identité, nos amis, nos centres d’intérêts, nos habitudes de navigation, de lecture, là où nous intervenons, ce que nous consommons et la manière dont nous le faisons. Notre mobile, via l’opérateur ou le constructeur c’est selon, qui fait de plus en partie intégrante de notre accès au web, peut déterminer d’après notre facture téléphonique le type de relations que nous entretenons avec notre carnet d’adresse, qu’il connaît par ailleurs parfaitement, il peut nous localiser et il va le faire de plus en plus, connaissant plus que notre position géographique il est capable de savoir ce qu’il y a en face de nous, avec qui nous marchons dans la rue et quels sont nos trajets quotidiens. Les possibilités offertes semblent autant sources d’ébahissement que d’appréhension parfaitement légitime.

Le prospectiviste américain Howard Rheingold affirmait déjà en 2005 sur LeMonde.fr, et on veut bien le croire, que « Dans dix ans, la notion de vie privée telle que nous la définissons n’existera plus. », il est encore temps de trouver des solutions pour qu’elle reste un minimum sous contrôle.





Vulgarisation web2.0 : Crowdsourcing ou la puissance des foules au service des entreprises

22 10 2008

« Puisque les internautes veulent créer de la valeur, donnons-leur les moyens de créer mais profitons de cette valeur ». Cela pourrait être une phrase prononcée par quelques bénéficiaires du crowdsourcing, l’utilisation de la puissance des foules au service des entreprises, bien plus lucratif que l’outsourcing actuel bien que ne couvrant pas toujours le même spectre de compétences.

Qu’il s’agisse de production d’images, de vidéos, de texte (commentaires, critiques, ..), de programmes informatique, de jeux vidéos ou plus simplement d’idées, la population du web est riche de compétences ne demandant souvent qu’à être entendues. L’homme moderne ne crée généralement pas pour le simple fait de se faire plaisir à lui-même in fine, il crée pour obtenir de la reconnaissance, pour le plaisir d’être utile à autrui, pour atteindre un objectif personnel ou professionnel, afin de réaliser quelque chose d’important à ses yeux pour une communauté ou pour l’humanité ou plus simplement pour gagner de l’argent. Dans l’écosystème actuel du web, les utilisateurs produisent en permanence toutes sortes de choses, pourquoi finalement ne pas leur offrir ce qu’ils recherchent tout en bénéficiant de l’effet levier du nombre de producteurs disponibles afin de tirer vers le haut certaines activités de l’entreprise, comment utiliser cette force phénomènale afin de réduire les coûts et démultiplier les efforts ?

Le paradigme mis en valeur par le terme de « crowdsourcing » n’est finalement pas tout récent et trouve ses origines dans la communauté scientifique et open-source. Je me souviens avoir installé au millieu des années 90 un petit logiciel téléchargé sur le site distributed.net qui permettait de faire avancer la recherche en cryptographie, il s’agissait des célèbres challenges RC5 : des serveurs centralisés émettaient vers les clients installés sur des milliers d’ordinateurs comme le mien des lots de clés de chiffrement, ces clients étaient ensuite chargés d’utiliser la puissance de calcul non utilisée des ordinateurs personnels afin d’effectuer des tâches de déchiffrement, l’objectif était d’augmenter la longueur des clés de chiffrage potentiellement cassables. Les résultats des micro-calculs effectués par les clients étaient ensuite remontées vers les serveurs centraux chargés de gérer les problématiques de corrélation et de distribution des tâches, je participais quelque part, à ma mesure, à la recherche scientifique, c’est ainsi qu’en juillet 2002 une clée RC5 de 64bits fut cassée après 1757 jours de calcul distribué ! Les challenges RC5 existent toujours, à l’heure actuelle une clée RC5 de 72bits est en cours de déchiffrage, et le concept a fait des émules comme le désormais incontournable projet Seti@home lancée en 1999 et donc l’objectif est le décodage de signaux extraterrestres. Des vers informatiques ont emprunté l’idée afin de déchiffrer de manière illégale des codes DRM par exemple, ceci à l’insu des utilisateurs.

Les exemples précédents constituent du crowdsourcing automatisé car l’utilisateur n’est pas réellement à l’origine de la création de valeur, il accepte (ou non dans le cas des vers) de partager un peu de sa puissance de calcul, mais le concept est tout de même là : produire en masse pour ne garder que le meilleur (la clée cassée) et rémunérer celui qui est sélectionné (ou celui qui a trouvé, indirectement par l’usage de son pc, la clée recherchée).

La communauté open-source qui développe gratuitement des logiciels pour l’usage du plus grand nombre fait partie de cette population de « crowdsourcés » lorsque les logiciels sont insérés comme briques constituantes d’autres logiciels qui une fois vendus rapportent de l’argent à des entreprises comme RedHat ou Ubuntu. Cette dernière propose même, par la voie de son président milliardaire philanthrope Mark Shuttleworth, des problèmes informatiques à résoudre ou des besoins logiciels à satisfaire pour le compte de la société contre rémunération à celui qui fournira la meilleure réponse.

Le phénomène a gagné la sphère du web, et ‘web 2.0’ oblige il ne cesse de croître avec le nombre toujours grandissant de prosommateurs… Jeff Howe, l’inventeur du terme, raconte dans Wired comment la banque d’images iStockPhoto permet de bénéficier de photographies en abondance au prix de 1$ l’unité, service pouvant être largement utilisé par les entreprises pour leurs besoins propres. Il n’est plus nécessaire de s’adjoindre les services d’agences spécialisées lorsque des milliers de photographes amateurs arrivent au même résultat avec des logiciels comme Photoshop ou son équivalent libre The Gimp.

Une activité spécifique jusque là restreinte au monde du logiciel open-source, reprise par le monde des affaires peut se trouver fort lucrative pour les deux parties : Howe prends l’exemple d’Ed Malcarek, un scientifique de 57 ans qui a ainsi pu gagner 25 000 dollars en fournissant au laboratoire de R&D de Colgate une nouvelle solution d’injection de poudre fluorée dans un tube de dentifrice.. Le crowdsourcing au service de l’innovation. L’exemple de Fisher Price est bien connu et pas vraiment récent : faire participer les parents à l’élaboration et aux tests des jouets qui seront vendus demain en masse. Puisque le client est à présent au centre des attentions, demandons lui son avis, il est le plus à même de décrire ce qu’il souhaite acheter demain.

Les services d’expertise comme LycosIQ et les autres sont également des utilisateurs de crowdsourcing, ils utilisent l’expertise de leurs membres afin de fournir un service au plus grand nombre tout en bénéficiant des revenus d’audience liés à la publicité.

L’idée du crowdsourcing au final est pour les entreprises de concentrer les talents sur un objectif qui leur est utile, mais que vont penser tout ceux qui ont créé ou tout simplement passé du temps pour tenter de remporter une somme d’argent ou un prix et qui ne sont jamais élus ? Ce modèle peut-il perdurer au fur et à mesure que les frustrations se feront sentir de plus en plus pressantes ? Un équilibre devra être trouvé afin que chacun continue bien à y trouver son compte.

Pour en savoir plus :

http://dreamorange.fr/?title=bientot_tous_createurs&p=Portal/document&JDocumentOid=105

http://www.dreamorange.fr/?title=crowdsourcing_la_puissance_economique_des_foules&p=Portal/document&JDocumentOid=2063&lang=fr_FR





Vulgarisation web2.0 : la syndication

12 07 2008


La syndication web est un procédé utilisé par les services leur permettant de partager l’information avec d’autres sites ou vers des utilisateurs. L’utilisation la plus commune est la lecture de journaux, lemonde.fr, lefigaro.fr par exemple. Il s’agit d’un flux xml (Adresse internet générant un contenu sous forme de fichier XML), d’un format défini (RSS ou ATOM) lisible par tout lecteur compatible.

Les flux de syndication peuvent être lus depuis des applications dédiées appelés lecteurs ou aggrégateurs de flux de syndication, il peut s’agir de logiciels PC (Firefox, SharpReader, FeedReader, …) ou d’applications web (Google Reader, NetVibes, RSS feed, …). Leur présentation ressemble généralement à ce que l’on peut trouver sur les lecteurs de mails, les flux souscrits sont présentés dans un panneau, la liste des articles d’un flux est ensuite disponible comme une liste de mails, un clic sur l’un deux fait apparaître son contenu.

L’accès à l’information est facilité puisque vous disposez dans une seule application de toutes les sources vous intéressant, des derniers articles de vos journaux favoris, aux derniers articles des blogs de vos amis en passant par leurs dernières photos téléchargées.

On apprends vite à repérer un logo de flux de syndication et l’ajout à votre liste est extrêment simple, facilitée par leur reconnaissance immédiate de la part de votre navigateur internet :

L’exemple ci-dessus illustre l’abonnement flash à une liste de notification Facebook. Firefox connaît mes préférences de syndication et sur reconnaissance d’un flux RSS fait appel immédiatement à Google qui me propose de lui ajouter ce nouveau flux soit sur ma page d’accueil iGoogle soit dans mon espace GoogleReader. Ainsi plutôt que de m’authentifier sur facebook afin de voir ce que mes contacts ont fait de nouveau je pourrais le savoir directement en lisant les dernières actualités depuis GoogleReader.

Maintenant que vous avez une première idée de ce à quoi peut bien servir la syndication web, il ne vous reste plus qu’à créer un compte gratuit GoogleReader et à apprendre à identifier les flux de syndication sur vos sites favoris !





Du web 1.0 au web 2.0 : blogolien de complément

12 07 2008

Un complément intéressant de Gabriel Cardon, une plume fraîche :

http://www.gabrielcardon.fr/tendance/2006/11/21/cest-quoi-le-web-20/





Vulgarisation web2.0 : Typologie des sites et services

11 07 2008

Il est inutile de réinventer lorsque des personnes brillantes ont déjà fait le travail et l’ont partagé, c’est aussi cela le web2.0 :

http://www.internetactu.net/2008/02/01/le-design-de-la-visibilite-un-essai-de-typologie-du-web-20/#comment-728263





Vulgarisation web2.0 : technologies et briques communes

10 07 2008

Si le paradigme web2.0 ne constitue pas une révolution technique en soi il repose cependant sur une couche technique qu’il convient d’appréhender avant de se lancer dans le grand bain.

La plupart des technologies qui sont utilisées sont bien connues et datent d’avant l’invention du terme web2.0, ce qu’il est intéressant de constater c’est l’utilisation qui en est faite, à vrai dire l’utilisation intégrée et simultanée qui en est faite.

Cette vision du web, orientée autour du l’humain, laissant entendre en sourdine que c’est bien l’utilisateur qui reprend le contrôle du réseau a quelque peu été encouragée par les ténors de l’open source, les idées cultivées par un Richard Stallmann ou un Ian Murdock sont bien proches lorsqu’ils militent pour la libéralisation des codes source, la possibilité pour tout un chacun pour peu qu’il en ai les compétences de modifier lui-même ses logiciels afin de les rendre tout à fait adapté à ses besoins et surtout l’idée que ces modifications ne peuvent être redistribuées que sous le même régime de droit : l’utilisateur reprend ses droits sur ses applications, il n’est plus simple possesseur d’une licence d’utilisation lourdement payée, il possède toutes les données pour adapter le logiciel à ses besoins si l’envie lui prend. Je tiens tout de même à préciser en guise de parenthèse pour les néophytes que le fait qu’un logiciel soit libre n’induit pas sa gratuité, rien ne vous empêche de vendre un logiciel libre tant que vous garantissez à l’utilisateur qu’il conserve les droits du logiciel d’origine.

Il est donc normal qu’une écrasante majorité de technologies utilisées par les services du web2.0 soient issues de la communauté du logiciel libre. Nous parlions précédemment des logiciels serveurs et des logiciels client, il est intéressant de noter afin d’illustrer les propos ci-dessus que le principal logiciel équipant les serveurs web de l’Internet est le logiciel Apache, digne représentant de cette communauté du libre et il est tout aussi représentatif d’indiquer que le principal navigateur web incluant toutes les évolutions du web2.0 est le logiciel libre Firefox 3.0, lointain descendant du plus célèbre des navigateurs de son époque : Netscape, assasiné sous les coups de boutoir de son rival Internet Explorer.

Un ensemble de concepts, de pratiques et d’outils caractérisent donc le web2.0 (je ne prétend pas être exhaustif) :

  • Le Blog (ou Weblog, journal web) qui est un peu la transposition numérique et surtout publique du journal intime, permettant d’adresser ses réflexions, ses émois et ses avis à la communauté.
  • Les commentaires : les contenus doivent pouvoir être commentés, débattus, directement sur la page qui le présente et non plus dans un espace de forum annexe. Tout se commente.
  • Le wiki, né bien avant l’avènement du web2.0 mais qui lui est depuis associé décrit un site internet ou un espace dédié d’un site internet où le contenu est directement éditable par les visiteurs, modéré (les modifications sont validées par un modérateur avant diffusion) ou non. Chacun contribue à l’information, le site le plus emblématique est sans conteste wikipedia, véritable encyclopédie participative en ligne.
  • La syndication (flux RSS, ATOM) est le véritable liant de l’espace web2.0 : le partage du contenu est la raison d’être du mouvement, cette utilisation de la technologie xml permets de diffuser l’information de manière extrêmement portable et légère. Il s’agit de petits fichiers organisés téléchargeables sur les serveurs web décrivant des informations : articles, photos, liens, … Ils sont destinés à être lus par des automates : des clients pc dédiés, des sites d’aggrégation (Google Reader par ex) ou d’autres sites de contenu permettant ainsi de partager l’information et d’augmenter sa visiblité.
  • Les nuages d’étiquettes (ou tags) sont au premier abord une manière de présenter l’information sous forme de mots-clés. Chaque information est accompagnée de mots-clefs la décrivant, il est donc possible de retrouver ainsi tous les contenus d’un site web étant attachés à ce mot-clef. Mais plus qu’une présentation il s’agit surtout d’une nouvelle méthode de recherche, la folksonomy, il devient en fin de compte presque inutile de classer l’information par catégories et sous-catégories car l’information est souvent multiple et le contenu pourrait appartenir à plusieurs catégories, chacun possède sa manière de ranger l’information dans des dossiers et retrouver ainsi l’information classée revient à essayer d’imaginer la manière dont l’auteur a pu vouloir organiser la sienne. Plutôt que de rechercher la catégorie on va donc à présent rechercher des mots-clefs qui pourraient être attachés à l’information recherchée.
  • Les APIs (Application Programming Interface), terme largement utilisé dans le monde du développement logiciel depuis de nombreuses années est utilisé sur le web simplement pour ce qu’elles sont : des interfaces d’accès aux données ou de récupération d’informations. Il s’agit de la possibilité d’accéder aux contenus de manière automatisée et non par navigation classique, avec des programmes externes, de votre cru ou non. Vous pourriez ainsi par exemple développer un petit logiciel qui effectue des recherches Google depuis votre PC, par exemple en cliquant sur un mot dans Word ou OpenOffice sans devoir copier/coller ce mot dans votre navigateur habituel. Word se connecterait à l’API de recherche Google en lui envoyant le mot recherché, il recevrait en échange l’ensemble des réponses correspondantes qu’il serait à même de vous afficher dans une petite boîte de dialogue..
  • Le Mashup est une application ou un site web composite construit grâce à l’appel combiné de plusieurs APIs. Si vous possédez une entreprise de logistique par exemple vous pourriez être intéressé par un site vous indiquant en permanence l’emplacement de votre flotte de véhicules. En ayant un abonnement aux APIs Orange de géolocalisation vous pourriez récupérer la position de chaque véhicule grâce au mobile de son chauffeur et faire appel à l’API Google Maps pour les positionner sur une carte à l’aide de petits pictogrammes. Les possibilités sont infinies et ne dépendent que de l’imagination des auteurs et des APIs disponibles. ex: ProgrammableWeb.
  • AJAX (Asynchronous JavaScript and XML) est né de technologies relativement mûres présentes depuis bien longtemps dans l’univers du web mais qui combinées offrent des fonctionnalités particulièrement intéressantes afin de faciliter l’interaction entre le site et l’utilisateur. Le principe est de pouvoir récupérer de l’information depuis une page web en tâche de fond sans rechargement de page. Un morceau de code présent sur le site, exécuté suite à une action de la part de l’internaute ou non est en mesure d’envoyer ou de récupérer de l’information qu’il va ensuite traiter afin de mettre à jour dynamiquement la page en cours de consultation. Peu de webmails (interfaces de consultation de mails par le web) vous obligent encore aujourd’hui à recharger votre page lorsque vous désirez lire un nouveau mail : le contenu du mail est récupéré en tâche de fond lorsque vous cliquez sur son sujet puis un espace dédié à la lecture présent sur la page est mis à jour avec cette nouvelle information, la navigation est accélérée, fluidifiée et les interfaces sont bien plus ergonomiques.
  • Les systèmes de vote permettent de donner un avis noté sur une photo, un commentaire, un article ou tout autre contenu.

Tous ces outils, concepts et pratiques sont utilisés par une multitude de sites collaboratifs axés sur le partage de l’information et la collaboration dont les objectifs sont tout aussi divers que le partage de média (photos, videos, ..), de contenu (liens, articles, avis, …), ou de relations sociales (privées, professionnelles, associatives, …).





Vulgarisation web2.0 : les fondamentaux

9 07 2008

Avant de décrire ce que peut représenter le ‘web2.0′, il convient de définir le web ‘1.0′ et donc le web tout simplement.. Puisque cette série d’articles est destinée à de la vulgarisation, commençons au départ, beaucoup de personnes ne distinguant pas la différence fondamentale existant entre l’Internet et le web pourtant évidente pour un public d’informaticiens.

Sans revenir aux origines de son histoire, dont on peut lire des articles et des rétrospectives et peut partout sur le web, il faut voir l’Internet comme un support. Souvent appelé le « réseau des réseaux » il est destiné à aggréger une multitude de réseaux d’entreprises, d’universités, d’états ou de diverses organisations, cela constitue un maillage extraordinairement complexe d’ordinateurs, de serveurs, de câbles et d’équipements réseau, visibles les uns et les autres au travers d’un plan de nommage commun offert par la technologie IP, un peu comme le réseau téléphonique qui relie des postes téléphoniques et leur permets de communiquer ensembles via un plan de nommage téléphonique (les numéros de téléphone !).

Certains serveurs offrent des services très variés, le web en est un tout comme la messagerie électronique (les mails), les groupes de discussion (newsgroups), les services de messagerie instantanée (MSN, ICQ, IRC, ..) ou encore les transferts de fichiers (FTP).
Chaque service permets de faire discuter entre eux des serveurs applicatifs (des logiciels installés sur des machines également appelées serveurs) et des clients à l’aide d’un protocole. Dans le monde réel nous pouvons faire l’analogie de la voix : lorsque qu’un professeur vous fait un cours il joue le rôle de serveur, il rend un service de fourniture de connaissance, vous, élève, jouez le rôle de client de ce service. Dans cet exemple, la voix joue le rôle de support et la langue celui de protocole : il vous aide à vous comprendre mutuellement, si vous ne comprenez que le français et que l’intervenant vous parle en finlandais, vous ne partagez pas le même protocole de communication, vous ne vous comprendrez pas.

De la même manière, sur internet, un client et un serveur (un fournisseur de service) doivent parler la même langue, le même protocole. A chaque service son client donc.

Vous lisez vos mails avec un lecteur de mails qui discute avec un serveur de messagerie via le protocole SMTP, vous récupérez des fichiers sur un serveur de téléchargements grâce à un client spécifique et tous les deux dicutent à l’aide du protocole FTP, vous naviguer sur le web, c’est à dire que vous téléchargez des pages HTML depuis un serveur sachant vous les envoyer, grâce à un navigateur web, un browser, les deux discutant ensembles à l’aide du protocole HTTP.

Lorsque Tim Berners-Lee inventa le web il imagina un protocole de communication, HTTP (HyperText Transfert Protocol), et un protocole de description de contenu (les pages web) nommé HTML (HyperText Markup Language). Un paradigme fondamental sous-tend le web, composante primaire des termes HTTP et HTML : le lien hypertexte, l’idée qu’un morceau de texte rendu cliquable permets d’accéder à une autre ressource web (page web, image, adresse email, …).

Le web s’est donc répandu sur cette idée simple : des clients, les navigateurs web (internet explorer, opera, netscape, mozilla, puis firefox) permettent d’accéder à du contenu statique (qui n’évolue pas, ou peu) faisant référence à d’autres contenus (pages, images, ..). Nous sommes donc bien ici dans un mode client-serveur basique : l’utilisateur est simple consommateur d’information, et l’information ne réagit pas en fonction du contexte (utilisateur différent, heure, jour, etc..).

Le contenu a finalement commencé à s’adapter au contexte avec l’utilisation massive de bases de données et de languages de programmation évolués : les pages HTML renvoyées par les serveurs sont toujours ’statiques’ mais elles sont générées et non plus seulement entreposées sur des disques dur : des programmes intéragissent avec des bases de données, génèrent du contenu HTML d’après les informations contextuelles (vous n’avez pas le même nom d’utilisateur que votre voisin) qui y sont entreposées et régulièrement mises à jour. Les sites ont commencé à vous reconnaître, à vous proposer des fonctionnalités de personnalisation. Mais l’utilisateur reste un consommateur de contenu même si le contenu devient plus riche et personnalisé.

Sur cette base, de nouveaux sites ont commencé à apparaître vous permettant d’agir sur le contenu qu’elles affichent : vous pouvez déposer des messages sur des forums, lire vos mails depuis un site web agissant comme une interface de navigation : le client mail n’est plus sur votre ordinateur mais centralisé sur le serveur distant auquel vous accédez avec votre navigateur, vous ne voyez pas ce client mail, simplement une interface symbolisée par des pages HTML.

Mais il n’y a pas que le contenu des pages HTML qui s’est dynamisé, il y a aussi la partie présentation avec l’utilisation par exemple du langage JavaScript : chacune de vos actions ne nécessite plus nécessairement l’appel au serveur pour récupérer une nouvelle page par navigation de liens en liens, certaines de vos actions déclenchent des scripts directement interprétés par votre navigateur : vérification de données que vous avez saisies ou dynamisation graphique de la page par exemple.

Technologiquement parlant il est difficile de parler de web2.0, les nouveaux sites dits ‘web2.0′ n’ont rien de révolutions technologiques même s’ils sont bien souvent très esthétiques et ergonomiques grâce à l’utilisation de technologies comme Flash ou AJAX (particularité du JavaScript permettant de charger des informations en fond de tâche vous donnant l’impression d’intéragir avec la page en cours sans rechargement de nouvelle page).

La vraie révolution du web2.0 est sociologique et repose sur un concept simple qui n’a pas réellement été provoqué mais est plutôt apparu naturellement, faisant suite à la dynamisation des pages, à l’utilisation des bases de données et des évolutions technologiques facilitant l’interaction, et surtout à la multiplication du nombre des abonnées à l’Internet : l’utilisateur n’est plus un simple consommateur, il devient producteur de l’information, du contenu.

Il s’agit essentiellement d’une révolution des usages : nous n’utilisons plus uniquemment le web pour rechercher de l’information, en tant qu’utilisateur il est appréciable de pouvoir donner son avis sur telle ou telle information, de commenter le contenu existant, de le partager, de le faire connaître de ses amis, de pouvoir garder contact avec ses relations personnelles ou professionnelles, d’échanger avec eux de multiples manières.

Si l’Internet est un réseau technique alors le web dans sa ‘version’ 2.0 est un réseau social mondial où l’information s’échange, se vend, s’achète, se partage et se commente. Les utilisateurs reprennent peu à peu le pouvoir et deviennent les acteurs du futur réseau mondial, le façonnant petit à petit à leur image.

 





Le Web2.0 par un newbie

9 07 2008

Et encore un blog de plus dans la nébuleuse des sites, liens, flux d’information et autres réseaux sociaux qui forment de manière relativement floue pour le commun des mortels ce que l’on nomme le web2.0.

Je vais essayer de faire de ce sujet un témoignage modeste de ma découverte d’une partie de ce nouvel univers qui s’ouvre à l’ensemble de la communauté des internautes.

Je ne suis plus un n3rd, bien que j’aurais pu le rester si la vie en avait voulu autrement, mais j’ai préféré fonder une famille ; comme à mon habitude je ne peux pas dire que j’appartiens à un groupe ou un mouvement plus qu’un autre, je me suis toujours plus ou moins considéré comme un électron libre d’aller et venir entre différents groupes existants en y amenant à chaque fois une contribution plus ou moins importante selon le temps que j’ai décidé d’y consacrer et selon mes affinités du moment.

Un terme qui n’est guère plus utilisé, définissait il y a encore quelques années le savoir-être et le savoir-vivre sur le réseau des réseaux : la Nétiquette, avec un grand ‘N’, s’il ne s’utilise plus vraiment ses idées sont restées, et l’une d’entre elles veut que l’on n’entre pas dans un nouveau groupe sans se présenter et présenter ses objectifs ; puisque je tente d’entrer dans un groupe, celui des ‘Blogueurs’ en couchant ici quelques idées et points de vue, je dois commencer par me présenter avant de continuer quoique ce soit d’autre.

Né l’année précédent l’invention de l’IBM PC, j’ai découvert l’informatique en 1990, comme beaucoup de ma génération avec un Thomson TO7 puis à l’aide mon premier ordinateur personnel, un Amstrad 6128(+!) sur lequel j’ai fait beaucoup de programmation en basic, ma découverte de l’Internet débute en 1996 avec mon entrée en seconde alors que mon lycée était parmis un des premiers à bénéficier d’un accès par téléphone (RTC) et alors que j’en était l’un des administrateurs système.

J’ai réalisé mon premier site web cette même année, ayant découvert l’HTML par lecture de nombreux codes sources sur divers sites et après avoir réalisé la maquette grâce au language de description de pages d’aide de windows (et oui..).

J’ai poursuivi mes études, j’ai appris par moi-même de nombreux autres languages, d’abord le REXX, sous PS DOS 7.0, puis le C avec ma découverte de GNU/Linux en 1997 (Linux Khéops), puis vinrent dans le désordre le C++, le Pascal, le bourne shell, Perl, Python, PHP, Java, … en // de mon apprentissage des arcanes de l’administration des systèmes. L’EPITA m’a ensuite permis de capitaliser sur toutes ces connaissances et d’apprendre la rigueur du développement système et applicatif.

Je suis ensuite entré dans le monde actif, avec une promesse que je me suis toujours juré de tenir : travailler pour mon plaisir avant de travailler pour mon compte en banque. J’ai donc fait de l’administration des systèmes GNU/Linux et des réseaux IP, j’ai fait pas mal de développement web dans différents languages et différents domaines d’activité, du développement système, j’ai ensuite encadré des équipes de développement web pour des sites e-commerce de plus ou moins grande notoriété, pour des besoins privés (syndicats professionnels, PMEs, …) fait de la gestion de projet, puis je suis entré chez France Télécom au début de l’hiver 2006 afin d’encadrer les activités d’une équipe technique opérant sur les plates-formes de service multimédia groupe (planification des opérations, déploiements automatisés, gestion des référentiels et des outils), poste que j’occupe toujours actuellement.

Mon usage d’Internet a débuté par de l’auto-apprentissage (analyse de codes sources, tutoriaux, documentations techniques) puis je suis vite arrivé à l’IRC où j’ai sévi pendant plusieurs années sur les réseaux Undernet puis OpenProjects.net à faire du conseil technique, à me tenir au courant des dernières tendances système et réseau. A partir du moment où mon temps a été compté, c’est à dire à partir du moment où j’ai débuté une vie professionelle ’stable’ mon usage du net s’est limité aux mails, à l’actualité et à la veille techno, en faisant bien quelques téléchargements par ci par là..

Le passage du web1.0 (navigation passive) au web2.0 (navigation active) ne s’est répercuté dans ma vie que d’un point de vue technique, n’étant pas au naturel un être social très évolué je n’ai pas saisi tout de suite ce que je pourrais bien tirer de ce genre de pratiques. J’y suis arrivé doucement pour une raison très simple : j’étais inscrit sur un des premiers réseaux sociaux français, copainsdavant.fr, permettant aux internautes de rester en contact ou de reprendre contact avec d’anciens camarades d’école, de travail ou de vacances, ayant peu d’aptitudes à rester en contact avec les personnes que je ne vois pas au quotidien j’avais trouvé l’idée de ce site intéressante.

Le point bloquant de ce site à l’époque, de mon point de vue, était sa relative fermeture : sans abonnement payant, pas d’accès aux messages, aux profils détaillés, etc..

C’est après avoir prit consience du phénomène facebook que j’ai décidé de m’y créer un compte, ‘pour voir’. Et j’y ai trouvé en fin de compte tout ce que j’attendais d’un site comme copainsdavant.fr, et bien plus..

C’est ici vraisemblablement que débute ma socialisation web2.0.

J’ai décidé de m’immerger un peu plus encore dans cet univers et j’ai choisi en créant ce blog (une des applications pillier du web2.0 !) d’en faire un témoignage d’immersion.

Je me suis posé la question de la langue, anglais ou français puis je me suis finalement décidé pour le faire en français : les références ne manquent pas dans la langue de Shakespeare et le public français se pose beaucoup de questions devant ce phénomène qui dépasse beaucoup de personnes, peut-être que ce témoignage pourra répondre à certaines questions ou en éclairera au moins certaines.

J’ai donc choisi dans cette catégorie ‘Evangélisation’ de faire de la vulgarisation, d’axer mon témoignage sur l’aspect social et philosophique du phénomène, de parler de ce qui peut rebuter certains et d’essayer d’en amener d’autres à changer d’avis ou simplement à se laisser tenter par la création d’un compte facebook ou flickr, d’autres sujets, techniques, viendront sans doute compléter ce témoignage, il en faut pour tout le monde en somme ! ;)

Comme il faut bien débuter quelque part je commencerais par tenter de présenter ce que l’on nomme web2.0 pour le commun des internautes, mais ceux qui veulent prendre de l’avance peuvent toujours aller visionner la vidéo ci-dessous, venant tout droit des labos Orange Labs et qui est une présentation de particulièrement bonne facture :

http://www.orange-innovation.tv/webtv/mode/detail/292/conference-thematique-web-2.0/lang/fr/play/1